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ALGÉRIE/ POLITIQUE: Zaghmati révèle une nouvelle facette de la corruption en Algérie

Par A.B.-- 19-Août-2019 2

ALGÉRIE/ POLITIQUE: Zaghmati révèle une nouvelle facette de la corruption en Algérie

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Belkacem Zeghmati, a mis en avant, hier à Alger, le rôle attendu de la Justice pour restaurer l’autorité de l’Etat à travers la lutte contre la corruption qui ne se limite pas au détournement des deniers publics mais s’étend à celui des biens publics «par des décisions émanant de l’administration». Présidant l’installation de la nouvelle présidente du Conseil d’Etat, le ministre de la Justice a précisé que le fléau de la corruption en Algérie «ne se limite pas au détournement des deniers publics et à l’enrichissement illicite mais s’étend au détournement des biens publics par des décisions émanant de l’administration». Les administrations et les services publics «ne sont pas épargnés par ce phénomène qui a terni leur réputation et celle de leurs fonctionnaires», a affirmé M. Zeghmati, mettant en exergue le rôle de la Justice administrative, le Conseil d’Etat en tête, pour lutter contre ce fléau. Un rôle «tout aussi important que celui dévolu aux juridictions ordinaires», a-t-il ajouté. «La Justice est aujourd’hui à la croisée des chemins. Attendue par tous, pouvoir et peuple, elle doit restaurer l’autorité de l’Etat et consacrer les droits des citoyens», a soutenu le Garde des Sceaux. «La conjoncture difficile que traverse notre pays fait reposer sur le Conseil d’Etat une énorme responsabilité pour contribuer efficacement à la lutte contre ce phénomène et contre les détournements de biens publics par des procédés frauduleux et des décisions illicites qui en résultent», a estimé M. Zeghmati, appelant cette institution à trancher ces dossiers «conformément à la loi et en toute neutralité, objectivité et indépendance» en vue de récupérer les biens détournés.

Le ministre a, par ailleurs, exhorté l’administration à saisir la justice pour faire annuler les décisions illicites et ainsi mettre un terme aux situations et statuts illégaux qu’elles ont créés.

Zeghmati avait a indiqué jeudi que la lutte contre la corruption n’atteindra ses objectifs qu’après la récupération des avoirs criminels que représentent les fonds détournés et qui constituent une pierre angulaire aux niveaux national et international. Il avait précisé que la lutte contre la corruption «n’atteindra ses objectifs qu’après la récupération des avoirs criminels que représentent les fonds détournés et qui constituent, à l’heure actuelle, une pierre angulaire aux niveaux national et international, les expériences d’autres Etats en la matière ayant montré que rien ne contribue aussi efficacement à la lutte contre ce type de crime que la poursuite de ses auteurs pour la récupération des fonds détournés».         Précisant qu’il s’agit de gains illicites, le ministre de la Justice a souligné la nécessité d’approfondir les enquêtes préliminaires pour identifier les auteurs de ces crimes de corruption et déterminer et localiser les montants détournés afin de les saisir ou de les geler jusqu’à ce que les auteurs soient présentés devant les juridictions compétentes qui trancheront conformément à la loi. Le ministre avait souligné que l’Algérie «dispose des mécanismes juridiques nécessaires pour récupérer les fonds détournés vers l’étranger», affirmant que la Justice est aujourd’hui déterminée à lutter contre la corruption par l’application rigoureuse de la loi «en toute transparence, indépendance et neutralité et dans le strict respect des règles d’un procès équitable», et ce, tout au long de l’action publique sans que personne ne soit lésé et tout en respectant la présomption d’innocence et les droits de la défense dans le cadre du principe d’égalité garanti par la Constitution. «Notre pays traverse une période sans précédent au cours de laquelle le peuple algérien a fait montre d’une maturité qui a impressionné le monde entier et une prise de conscience quant aux dangers de la corruption et à la nécessité de lutter contre ce fléau et d’en poursuivre les auteurs, ce qui a amené la magistrature à être à l’avant-garde et à se hisser, dans l’accomplissement des ses missions constitutionnelles, au niveau des revendications légitimes du peuple et de ses aspirations à une vie décente et un meilleur lendemain», a ajouté M. Zeghmati.

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