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ALGÉRIE/ POLITIQUE: Les Syndicats boycottent une rencontre avec le ministre

Par A.B.-- 03-Sep-2019 679

ALGÉRIE/ POLITIQUE: Les Syndicats boycottent une rencontre avec le ministre

Les Syndicats du secteur de l’Education nationale ont boycotté une rencontre, lundi, avec le ministre, centrée sur la préparation de la rentrée scolaire.

Le ministre de l’Education nationale Abdelhakim Belabed, réuni, lundi, avec les directeurs d’Académie, en l’absence des syndicats des enseignants et travailleurs du secteur, a annoncé que la prime de scolarité passe de 400 DA à 3.000 DA, et à 5.000 DA pour les enfants nécessiteux, tout comme il a affirmé que la réforme du baccalauréat attendra quelque temps.

Pour autant, cette rentrée des classes se fera, très probablement, sous étroite surveillance des Syndicats, qui ont boycotté la rencontre du lundi. «Nous avons boycotté le gouvernement Bedoui, donc on ne traite pas avec le ministre. Ce n’est pas le ministre que nous boycottons, que nous refusons, mais cette période où le peuple algérien refuse ce gouvernement», affirme M. Boualem Amoura, président du SATEF dans une déclaration à la presse. «Les Syndicats demandent le départ de ce gouvernement, et c’est en droite ligne des revendications de la Confédération des Syndicats algériens (CSA), on est les premiers à avoir lancé une initiative pour le dialogue entre les Algériens», a-t-il ajouté. Selon M. Amoura, les problèmes du secteur restent les mêmes, «il n’y a pas d’amélioration, nous vivons, en 2019, un état de délabrement de certains établissements. Il y a, aussi, le problème non réglé de la surcharge des classes», a-t-il encore souligné, avant de relever que «c’est la solution du provisoire qui dure», avec les chalets devenus des établissements scolaires dans le cycle primaire. M. Amoura évoque par ailleurs, le problème des cantines scolaires, du chauffage et des toilettes, dans les écoles primaires, notamment.
«Beaucoup des cantines scolaires ne vont pas démarrer à la rentrée comme affirmée par le ministre de l’Intérieur», souligne M. Amoura, selon lequel les Collectivités locales «elles mêmes croulent sous les déficits, alors comment vont-elles gérer les cantines scolaires ?». «Les fournisseurs de l’année dernière n’ont pas été payés, alors certainement ils ne vont pas approvisionner les écoles», ajoute-t-il.

En 2018, le ministère de l’Intérieur avait affecté 76 milliards de DA aux écoles primaires, dont 15 pour le chauffage et la climatisation, 34 pour les cantines scolaires et 27 pour le transport.
Pour M. Meziane Meriane, coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), n’est pas rassuré.« Je ne pense pas que la rentrée scolaire sera calme, puisque les dossiers en suspens sont toujours d’actualité. Nous tenons toujours à la question du pouvoir d’achat. Il faudra peut-être trouver des mécanismes comme par exemple la diminution ou carrément la suppression de l’Impôt sur le revenu global (IRG) pour le fonctionnaire qui, je tiens à le souligner, paie des impôts plus que les grands commerçants, puisqu’il est soumis au régime du prélèvement à la source », dénonce-t-il.

Pour M. Meriane, il est temps de revoir à la hausse les salaires des enseignants : « Lorsqu’on voit la fiche de paie à la fin du mois, on constate que plus de 20.000 DA partent en IRG alors que le riche commerçant le paie sur l’année. Le moment est venu de penser comment relever le salaire en supprimant l’IRG ». Il souligne que les fonctionnaires ne sont pas responsables de la déconfiture de l’économie nationale.

Outre les salaires, M. Meriane cite d’autres revendications comme le dossier de la retraite, les libertés syndicales, etc. « Ce sont tous ces dossiers qui vont revenir à la rentrée », pronostique M. Meriane.

Autre motif de mécontentement, la détérioration des conditions de travail dans les établissements scolaires, en raison de la surcharge des classes et le manque d’effectifs, selon le coordinateur du Snapest. « Avec la surcharge des classes, l’objectif de l’enseignement de qualité n’est pas pour demain », déplore-t-il.

de son coté, le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Cnapest), on appréhende aussi la rentrée scolaire de cette année. Son porte-parole, Messaoud Boudiba, souligne l’accumulation des problèmes depuis la rentrée scolaire 2018/2019.

« Cette année encore, nous allons vivre des problèmes plus importants car en sus des questions en suspens de la rentrée précédente, il faut ajouter ceux de cette année. Nous allons connaitre une rentrée scolaire difficile que ce soit en termes de surcharge des classes, le manque d’encadrement, le manque des outils pédagogiques… Autant de problématiques qui vont compliquer davantage les conditions de travail des fonctionnaires du secteur de l’éducation et particulièrement les enseignants », détaille-t-il, inquiet.

Le prolongement de la crise politique « compliquera aussi encore plus » les conditions socioprofessionnelles susceptibles de donner à des tensions, s’inquiète encore M. Boudiba.

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