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Alger : Deuxième anniversaire du hirak. « Nous sommes de retour et nous n’avons pas peur ! »

Par Y. Benrabia-- 22-Fév-2021 0

Malgré les assurances et les actions de bonne volonté vis-à-vis des protestataires,  de la part du Président de la République Abdelmadjid Tebboune, tout juste revenu d’une nouvelle hospitalisation de plus d’un mois en Allemagne, en graciant  une soixantaine de manifestants déjà condamnés ou en passe de l’être, la dissolution de l’Assemblée nationale et de convoquer de nouvelles élections législatives, des législatives anticipées,  il a également reçu les partis d’opposition mais par le FLN et le RND, liés au pouvoir depuis des décennies, le remaniement partiel du gouvernement, les blocage des grandes villes depuis trois jours, les menaces et les intimidations,  les Algériens sont sortis pour demander le départ de tout le pouvoir et un Etat civil et non militaire.

Pacifique, parfaitement discipliné et porteur de revendications conformes à la constitution et au premier appel du Hirak du 22 février 2019,  le Hirak se verra pourtant refuser par le pouvoir toutes ses doléances, excepté celle d’écarter Abdelaziz Bouteflika et de poursuites judiciaires à l’encontre de certains dirigeants politiques et hommes d’affaires, mouillés dans des faits de corruption.

Au début de son mandat, Abdelmadjid Tebboune promettait d’être le président de la rupture, à l’écoute des revendications de la société. Mais au fil des mois, quand la contestation s’est reportée sur les réseaux sociaux, sa main tendue s’est transformée en poigne de fer : le pouvoir fait tout aujourd’hui pour que cette flamme ne se rallume pas.

A Alger, Palais du peuple, Sacré-Cœur, Didouche-Mourad, place Audin, Grande-Poste, place des Martyrs, Bab El-Oued, des endroits emblématiques du Hirak, étaient, hier matin, complètement envahi les éléments des forces de sécurité, en civil ou en tenues, prêts à en découdre.

Ce dispositif impressionnant a été déployé dans la capitale depuis trois jours. Des barrages filtrants dressés aux entrées de la capitale. Déambulant dans les rues d’Alger en longeant Bab-Azzoun pour arriver à hauteur du TNA, nous constatons que la file de camions de police n’en finissait pas. De la rue Abbane Ramdane  vers Larbi-Ben Mhidi,  la présence des éléments des services de sécurité postés en grand nombre sur l’avenue Pasteur et tout le long du Tunnel des facultés. « Alger est assiégée, une image qui nous rappelle certains vendredi houleux du Hirak », dira ce retraité devant un kiosque à journaux presque vide.

Du côté de la mosquée Errahma située en contrebas de la rue Didouche-Mourad et le siège du parti RCD, dès la matinée, on remarque un mouvement de fourgons de police positionnés de façon à contrôler les accès à la rue.

Les policiers, munis de matraques et de boucliers, se déploient à leur tour et attendent de voir la tournure que prendront les événements. Les éléments en civils, peuplent les cafés, les placettes et les alentour des lieux de rassemblement des hirakistes.

Au niveau de la place Audin, une trentaine de journalistes ont été encerclés par des éléments de la police anti-émeute. « Interdiction de filmer », ordonna un des brigadiers sous les cris des journalistes « Libérez-nous ! Laissez-nous travailler ! ».

Le carré des irréductibles, dont beaucoup d’animateurs ont fait l’objet d’interpellations et pour certains de condamnations, sont décidés à réitérer leur action dès le matin, malgré l’hésitation de certains et l’absence de beaucoup d’inconditionnels.

Impossible de se regrouper devant le siège du RCD, encore moins dans les alentours de la mosquée ‘’Errahma’’. Une brigade de policiers suivie de fourgons cellulaires sillonne les rues environnantes. De nombreux policiers civils sont aux aguets. On notera plusieurs arrestations de citoyens qui sont en petits groupes.

Il a fallu attendre 11h00 pour voir les jeunes des quartiers populaires : Ruisseau, Bab El Oued, Kouba, La Casbah, … investir la rue et le centre d’Alger et briser les cordons de sécurités. « Ni la pluie, ni la répression ou encore les arrestations ne pourront nous arrêté.

 « On n’est pas venu pour fêter, on est venu pour que vous dégagez », scandait la foule qui prend de l’ampleur à chaque pas. Des milliers de manifestants investissent la place des martyrs.

Le peuple ira jusqu’au bout”, “Stop la répression”, “ni oubli, ni renoncement, la révolution vaincra”, “système dégage, souveraineté du peuple sur toutes les institutions et les ressources”, pouvait-on entendre les algériens chantaient tout au long du parcours  et au niveau de la Grande Poste.

La procession qui déferle sur plusieurs boulevards de la capitale enchaîne par un tonitruant « Vous ne nous faites pas peur avec la décennie noire, on a grandi dans la misère ! », « Nous sommes les enfants d’Amirouche, pas de marche arrière », « Nous sommes de retour et nous n’avons pas peur ! »

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