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Président Tebboune: “les revendications du Hirak populaire authentique satisfaites pour la plupart”

Par Y. Benrabia-- 02-Mar-2021 0

Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a affirmé lundi que les revendications du Hirak populaire authentique “ont été satisfaites” pour la plupart.

Lors de l’entrevue périodique accordée à des médias nationaux, le Président Tebboune a déclaré : “Au deuxième anniversaire du Hirak populaire, le peuple est sorti pour commémorer cette occasion, une partie est sortie toutefois pour d’autres raisons qui ne sont pas toutes en phase avec les revendications du Hirak authentique”.

Il a rappelé, dans ce cadre, que les revendications du Hirak authentique ont été satisfaites pour la plupart telles que l’annulation du 5e mandat, le changement du Gouvernement et la dissolution du Parlement.

Interrogé sur une revendication portée par la majorité des démocraties dans le monde et appelant à une gouvernance “civile” et à laisser la politique aux politiciens, le Président de la République a indiqué que ce slogan “n’a pas changé depuis 15 ans, soit depuis que cette catégorie a commencé à suivre des stages dans des pays africains et européens où on leur enseigne comment renverser le système de l’intérieur en utilisant le slogan +Etat civil et non militaire+ et autres”.

“Le régime algérien est bien défini aujourd’hui. Le peuple algérien est sorti dans les rues et nous avons réalisé ses revendications. Le peuple a choisi les élections et préféré un changement institutionnel”, a fait savoir le Président Tebboune qui a assuré que “quelles que soient les revendications, pour moi ceux qui se sont dirigés vers les urnes lors de la présidentielle pour sauver la République sont 10 millions”.

Et d’ajouter :”Le nombre des habitants des zones d’ombre et enclavées s’élève à 8,5 millions d’habitants qui constituent un véritable appui au président de la République”, soulignant qu’il honorera les 54 engagements pris envers le peuple algérien lors de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019″.

Tebboune n’écarte pas l’organisation des élections législatives et locales à la même date

“Il n’est pas écarté d’organiser les élections législatives et locales à la même date. Cela représente une revendication légitime de la classe politique”, a affirmé le Président de la République lors d’une entrevue accordée lundi soir à des responsables de médias nationaux.

Et d’ajouter: “les élections législatives émanent d’un programme politique clair. A cet effet, nous avons accordé toutes les facilitations et les garanties permettant aux jeunes de participer à ces échéances”, assurant que la Loi électoral amendé devra “permettre l’émergence de compétences, mais aussi la lutte contre l’argent sale qui prolifère encore au sein de la société”.

Dans le même sens, il a estimé que l’organisation des élections législatives figurait parmi les engagements pris dans son programme politique contenant 54 points, relevant qu’il est impossible “d’arrêter le flux du changement, car les peuples progressent et les sociétés changent”.

Le chef de l’Etat a mis en avant, par la même occasion, l’impératif changement des mentalités pour qu’on puisse construire “une nouvelle société et une Algérie nouvelle”.

Affirmant que les prochaines élections “ne ressembleront en rien à celles du passé”, le Président Tebboune a estimé que le taux de participation “n’aura aucun impact sur les résultats de ces élections étant donné que de telles échéances ne réalisent pas de forts taux de participation à travers le monde”.

Relance de l’économie: Rationnaliser les dépenses et encourager l’investissement

L’Algérie “n’est pas dans une situation d’aisance financière mais elle est toutefois en mesure d’honorer ses engagements financiers grâce à la maitrise de ses dépenses, notamment celles des importations”, a souligné le Président Tebboune lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux.

“Je n’irai pas jusqu’à dire que nous sommes dans une situation d’aisance financière mais nous sommes en mesure d’honorer nos engagements financiers.

Il est vrai que nos réserves de change oscillent entre 42 à 43 Mds USD mais nous avons réduit les importations et réalisé des recettes pétrolières de 24 Mds USD, en dépit de la pandémie”, a soutenu M. Tebboune.

Evoquant les craintes d’un recours du pays au Fonds monétaire international en raison du recul de ses réserves de change, il a estimé que ces craintes “s’appuient à l’ère de la rente lorsque la facture des importations s’élevait à 60 Mds USD, dont 15 milliards de surfacturation et 25 % d’importations pas du tout indispensables”.

“En matière d’importation, les besoins du pays en produits alimentaires essentiels ne dépassent pas les 8 Mds USD annuellement” a-t-il fait savoir.

Cependant, a-t-il poursuivi “certains n’ont pas compris que nous ne devons importer que ce dont nous avons besoins”, a-t-il expliqué affirmant que c’est précisément la non rationalisation des importations qui l’a amené à demander au Premier ministre de mettre fin aux fonctions de l’ancien directeur général d’Air Algérie.

Rappelant que ce dernier avait lancé un appel d’offres pour des marchandises non essentielles en dépit des instructions de rationalisations des dépenses, il a affirmé que “de tels comportements doivent cesser”.

A une question sur le taux d’inflation et son impact sur le pouvoir d’achat du citoyen, M. Tebboune a considéré que le taux d’inflation enregistré en Algérie “n’est pas au point de conduire à la privation”.

Par ailleurs, le Président de la République a mis l’accent sur l’importance d’encourager la production nationale, saluant les réalisations du secteur de l’agriculture en dépit des répercussions induites par la pandémie de Covid-19.

“Avec plus de 25 Mds USD, c’est la première fois depuis l’indépendance que les recettes du secteur agricole dépassent ceux des hydrocarbures”, a fait observer M. Tebboune ajoutant que “nous n’avons importé ni légumes, ni fruits”.

Concernant le blé, il a affirmé que l’Algérie était en mesure d’augmenter sa production en ce produit vital pour peu qu’elle développe les techniques d’irrigation et l’exploitation optimale des barrages.

Il a rappelé que le rendement moyen de la production de blé était de 18 quintaux par hectare dans le nord du pays contre 60 quintaux par hectare dans le Sud grâce aux techniques modernes d’irrigation.

Nouveau Code de l’investissement: Priorité à l’investissement national

En réponse à une question sur le projet du nouveau Code de l’investissement, le Président de la République a indiqué que la première mouture “n’a encore été présentée ni au Gouvernement ni au Conseil des ministres”, soulignant que la nouvelle politique de l’investissement “repose sur la suppression de tout ce qui a trait à l’idéologie pour ne maintenir que les aspects purement économiques”.

Ce projet vise a faciliter l’investissement, a-t-il ajouté, mettant en avant la suppression de la règle 49/51 relative à l’investissement étranger pour les secteurs non stratégiques, tout en accordant la priorité à l’investissement national.

“Ce qui m’intéresse c’est l’investissement des Algériens”, a déclaré M. Tebboune rappelant, dans ce cadre les rencontres qu’il avait tenues avec les représentants du Patronat.

S’agissant du secteur bancaire, le Chef de l’Etat a fait état de la poursuite de l’audit des banques publiques, fustigeant, l’absence de l’esprit commercial chez ces banques.

“Nos banques sont de simples guichets publics sans aucun esprit commercial”, a-t-il déploré ajoutant que ” la banque qui ne prend pas de risques n’est pas une banque”.

Concernant le développement des zones d’ombre, M. Tebboune a réitéré qu’”il demeure une priorité s’inscrivant dans le cadre d’un programme économique, constitutionnel et idéologique”, d’autant que les régions rurales “ont toujours été les plus affectées durant les différentes étapes historiques qu’a traversées l’Algérie.

“Pour moi, le logement rural est plus important que le logement AADL (.. ) car il s’agit là de justice sociale pour des zones où vivent 8,5 millions  d’Algériens”, a-t-il ajouté à ce propos.

Pour ce qui est du Commerce extérieur, le Président de la république a soutenu que “la priorité est aux échanges avec les pays africains en plus des autres pays”.

L’Algérie n’enverra par ses troupes au Sahel

“L’Algérie est une véritable force de frappe en Afrique. Notre armée est forte et nous avons réussi à préserver notre prolongement en Afrique et ailleurs. Il n’est pas question d’envoyer les enfants du peuple pour se sacrifier pour autrui.

Cette décision sera prise en cas de besoin de dissuasion”, a souligné le Président Tebboune lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux diffusée lundi soir.

“La France connait très bien la forte influence de l’Algérie en Afrique”, a-t-il ajouté, relevant que la “doctrine de l’Algérie repose sur un travail pour assoir la démocratie et aider à l’édification des états”.

Et de souligner “la présence naturelle de l’Algérie est en Afrique, mais cela ne veut pas dire que nous allons nous isoler de l’occident. Nous sommes une puissance régionale reconnue et des partenaires dans la résolution des crises en Libye et au Mali et ailleurs”.

“L’Algérie n’a jamais usé de son influence en Afrique, ni sur le plan économique ni sur le plan politique”, a-t-il dit.

Il a affirmé, par ailleurs, que l’Algérie “se rétablit aujourd’hui à l’intérieur et à l’étranger, sa voix est entendue et reprend ses forces avec le respect dû aux autres sans toutes fois céder, ne serait-ce qu’un iota de ses prérogatives ou de sa souveraineté”.

Sur le volet international, le chef de l’Etat a soutenu que l’Algérie entretenait d’excellentes relations avec les Etats Unis, l’Union européenne et avec les frères au Golfe, et ce en dépit des divergences dans les vues.

Elle voue toute la sympathie aussi au souverain saoudien, serviteur des deux lieux saints de l’Islam.

Concernant la cause sahraouie, le Président Tebboune a assuré que l’Algérie “n’abandonnera pas la question du Sahara occidental, une question d’ailleurs tranchée en 1989 lors d’une réunion ayant regroupé le souverain marocain Hassan II, le souverain saoudien Fahd Ben Abdelaziz, et l’ancien président Chadli Ben Jedid. Ils sont convenus, à la demande du roi Hassan II, à ce que la question du Sahara occidental relève des prérogatives de l’ONU et pour une reprise des relations entre les deux pays”, allusion faite à la réunion qui a abouti à la création de l’Union du Maghreb Arabe.

Pour ce qui est du Sommet arabe qui devait se tenir à Alger en 2020 et reporté en raison de la pandémie Covid-19, le Président de la République a rappelé que l’Algérie avait fait part de sa pleine disposition à abriter le Sommet, “nous ne voulons pas toutefois risquer la vie des personnes. Le Sommet est par conséquent reporté jusqu’à la fin de la pandémie”.

L’Algérie entretient avec la France de bonnes relations, loin du complexe d’ancien colonisateur

Tebboune a mis en avant sa relation “cordiale” avec le Président français, “qui a permis d’atténuer une certaine crispation dans les positions”.

Il a fait état, dans ce sens, de puissants lobbies en France, notamment “un impliquant des voisins et qui s’emploie à parasiter les relations entre les deux pays et un autre représentant ceux qui ont perdu leur paradis (l’Algérie) et qui leur reste en travers de la gorge”, a-t-il déclaré.

Le Président français, a-t-il poursuivi “est au courant du puissant lobby qui cherche à saper les relations entre les deux pays”.

A une question sur le dossier de la Mémoire et la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux en Algérie, et principalement les explosions nucléaires, le Président Tebboune a fait remarquer que “les bonnes relations de l’Algérie ne sauraient être au détriment de l’Histoire ou de la mémoire”.

“Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire qui ne peut faire l’objet de marchandage mais les choses doivent se régler intelligemment et sereinement”, a-t-il souligné.

Il a expliqué que le Pouvoir algérien “avance résolument dans le cadre des bonnes relations avec la France car cette voie est toujours bénéfique “.

Des sites web d’un pays voisin à l’origine des rumeurs sur mon état de santé

Lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux, diffusée lundi soir, le Président Tebboune s’est dit révolté contre ces personnes sans loi ni foi prétendant que je n’étais pas malade et que j’avais été victime d’une attaque …, affirmant que “97% de ces rumeurs émanent de l’étranger et vous en connaissez bien la provenance”.

“Nous avons les informations et nous connaissons ces sites, au nombre de 98. Ils sont chez nos voisins et diffusent depuis la France et l’Espagne”, a-t-il soutenu.

Évoquant son état de santé qui l’a obligé à une absence de quatre mois, le Président Tebboune a rappelé qu’il s’était engagé avec le peuple à la transparence et qu’il n’avait pas changé se disant “attristé par les rumeurs qui circulent”.

Tebboune et sa santé

Le président Tebboune a évoqué son étant de santé au début de son entretien avec deux responsables de la presse nationale en confessant qu’il est” passé par une phase très difficile’, ajoutant à ce propos que la Covid-19 “ne fait pas de distinction entre un citoyen normal et un président ou un ministre.

Et tout en remerciant Dieu et en assurant qu’il a récupéré la plénitude de ses capacités physiques et cognitives, le président Tebboune s’est attardé, non une certaine ironie, sur les rumeurs qui ont accompagné son hospitalisation.

“Le peule est rendu fou par la rumeur, dit-il, on m’a envoyé des vidéos dont les auteurs soutenaient que j’étais mort, que mon corps se trouvait dans la morgue, en attendant l’annonce officielle de mon décès.”

“On m’a tiré dessus”, selon ces mêmes rumeurs, note encore le président Tebboune qui parle des centres qui ont orchestré ces rumeurs à partir de l’étranger, avançant un chiffre de 98 sites qui sont identifiés comme diffuseurs de ces rumeurs.

Inversement à ces rumeurs alarmistes, le président Tebboune s’est montré reconnaissant à l’égard des citoyens, notamment dans les zones rurales, “qui priaient pour moi, qui me souhaitaient la guérison”.

 

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