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Inondation en Libye : Derna cherche ses milliers de disparus

Par C.B.-- 15-Sep-2023 0

Les conséquences de la tempête Daniel continuent de frapper la Libye   Ce vendredi 15 septembre, le bilan des inondations qui ont ravagé la région de Derna, dans le Nord-est du pays, s’alourdi chaque minute, à la suite des pluies torrentielles dans la nuit de dimanche à lundi, selon les autorités locales. Des  dizaines de corps sont découverts chaque jour et enterrés parfois dans des fosses communes.

Les opérations de secours se poursuivent sans relâche, alors que des milliers de personnes restent portées disparues d’après les mêmes sources.

Ce nouveau phénomène climatique extrême a frappé une nation déjà déchirée par la guerre fratricide. Une situation due par à la violence du phénomène, mais amplifiée par la situation politique du pays qui est plongé dans le chaos depuis la mort du dictateur Mouammar Kadhafi, en 2011, avec deux gouvernements rivaux : l’un basé dans la capitale, Tripoli (ouest), et reconnu par l’ONU ; l’autre dans la région orientale, touchée par les inondations.

Une situation catastrophique !

Routes coupées, ponts effondrés, arbres déracinés, immeubles, ponts détruits,  glissements de terrain… La Libye est encore sous le choc après le passage, dimanche 10 septembre, de la tempête Daniel, qui a causé des inondations dévastatrices et entraîné la mort de milliers de personnes. Des habitants racontent que des centaines de corps gisent encore sous les tonnes de boue et de décombres.

Derna, ville côtière du nord-est du pays, a été la plus touchée par la catastrophe, deux barrages proches ayant cédé sous la pression de l’eau provoquant une crue violente de l’oued qui traverse la ville et des flots de plusieurs mètres de haut comparables à un tsunami.

Sur ses 100 000 habitants, 30 000 ont dû être déplacés, a annoncé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), mercredi 13 septembre.

Les dégâts sont considérables et les autorités craignent un bilan humain très lourd dans la ville, qui comptait 100 000 habitants avant la catastrophe.

A Derna, les ponts ont été emportés par les eaux, des quartiers entiers sont submergés et les entrées sont quasi toutes coupées, ce qui entrave la tâche des secouristes. Il ne reste plus que deux points d’accès, au sud, contre sept habituellement.

Mais cette ville est loin d’être la seule à avoir été touchée par les inondations. Le chef du Conseil présidentiel a aussi déclaré officiellement les villes de Shahhat et al-Bayda, dans l’est de la Libye, “zone sinistrée”.

Des milliers de personnes disparues à Derna.

Secouristes et volontaires s’activent toujours à la recherche de milliers de personnes portées disparues à Derna.

M. Tamer Ramadan, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, s’est en revanche refusé à donner un bilan du nombre de morts, “qui ne serait ni final, ni précis”, lors d’un point de presse à Genève.

Des morts qui auraient pu être évitées

Le dernier bilan officiel, donné mercredi soir, fait état de 3800 morts dans la seule ville de Derna. Des milliers de personnes sont toujours portées disparues. Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur du gouvernement en place dans l’est du pays, le lieutenant Tarek al-Kharraz, plus de 3.800 personnes ont péri dans les inondations. 3.840 morts ont été recensés dans la ville à ce stade, dont 3.190 ont déjà été enterrés mardi. Au moins 400 étrangers, essentiellement des Soudanais et des Egyptiens, figurent parmi les victimes.

La plupart des morts à Derna « auraient pu être évitées », a estimé jeudi Petteri Taalas, patron de l’Organisation météorologique mondiale, qui dépend de l’ONU. Les années de conflit en Libye ont « en grande partie détruit le réseau d’observation météorologique », tout comme les systèmes informatiques, a-t-il déclaré à Genève.

L’ampleur de la catastrophe reste toujours inconnue ?

Le responsable de l’ONU pour les situations d’urgence a estimé vendredi qu’on ne connaissait “toujours pas l’étendue” exacte de la catastrophe humanitaire qui frappe l’est de la Libye.

« Je pense que le problème pour nous en Libye est bien sûr de coordonner nos efforts avec le gouvernement, puis avec les autres autorités de l’est du pays », a déclaré Martin Griffiths, lors d’un point de presse à Genève, ajoutant que « le niveau des besoins, le nombre de morts, sont encore inconnus ».

L’ONU lance un appel de fond.

Parlant d’une situation « catastrophique », le Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (OCHA) a lancé un premier appel de fonds de plus de 71 millions de dollars (plus de 66 millions d’euros) pour venir en aide immédiatement aux quelque 250 000 personnes les plus touchées par les inondations provoquées par la tempête Daniel. Après la destruction de nombreuses routes, « la municipalité [de Derna] exhorte les autorités à mettre en place un couloir maritime pour l’aide d’urgence et les évacuations », a indiqué l’OCHA, estimant à 884 000 le nombre de personnes affectées directement par la catastrophe.

« Cet appel pourra être mis à jour dès que des informations supplémentaires seront disponibles », précise l’agence de l’ONU en charge des réponses aux urgences humanitaires. Mercredi, le patron de l’OCHA Martin Griffiths avait déjà débloqué dix millions de dollars d’un fonds d’urgence en faveur des victimes en Libye. « Nous sommes tous mobilisés pour apporter autant d’aide et de soutien que possible aux gens », a souligné M. Griffiths dans un communiqué.

« L’ONU est sur le terrain et nous déployons une équipe solide pour soutenir et financer la réponse internationale, en coordination avec les premiers intervenants et les autorités libyennes », a-t-il ajouté.

Crainte d’épidémie

De nombreuses personnes ont été emportées vers la mer, qui a rejeté des dizaines de cadavres, faisant craindre des épidémies liées à leur décomposition, selon les autorités sanitaires. Le nombre de sacs mortuaires distribués dans la ville illustre l’étendue du drame. A lui seul, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué en avoir fourni 6 000.

Priorité à l’enterrement de morts

Le Croissant-Rouge libyen estime à 11.000 le nombre de morts dans les inondations dans l’est de la Libye. À Derna, des milliers de corps sont encore dans les rues.

L’aide internationale commence à arriver sur place.

Moment de solidarité 

Mercredi, le patron de l’OCHA, Martin Griffiths, avait débloqué 10 millions de dollars d’un fonds d’urgence en faveur des victimes, disant que l’ONU avait déployé sur le terrain « une équipe solide pour soutenir et financer la réponse internationale ». De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé avoir commencé à fournir une aide alimentaire à plus de 5 000 familles déplacées par les inondations, précisant que des milliers d’autres à Derna sont « sans nourriture ni abri ».

Des équipes de secours étrangères sont déjà à l’œuvre, à la recherche d’éventuels survivants.

L’Algérie au premier rang de solidarité ‘’Solidarité inconditionnelle et sans limite’’

Les autorités algériennes ont annoncé, mardi, la mise en place d’un pont aérien de 8 avions-cargos militaires, dans le but d’acheminer en urgence des aides humanitaires à la Libye pour l’aider à faire face aux conséquences de la tempête Daniel.

La diplomatie algérienne a indiqué, par voie de communiqué, qu’« En réponse à la demande d’aide aux régions sinistrées formulée par le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Younes el-Menfi, suite aux pluies torrentielles et inondations ayant touché plusieurs villes de Libye, l’Algérie a décidé, sur instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’envoi en urgence d’importantes aides humanitaires ».

« Ces aides humanitaires sont constituées de produits alimentaires, de matériel médical, de vêtements et de tentes qui seront acheminées via un pont aérien de huit avions relevant des Forces aériennes de l’Armée nationale populaire », ajoute le communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères.

Ces aides expriment « l’engagement de l’Algérie, Gouvernement et peuple, en faveur de la solidarité inconditionnelle sans limites avec le peuple libyen frère en vue de l’aider à surmonter cette douloureuse épreuve », poursuit le communiqué.

Mecredi 13 septembre, une délégation Algérienne composée du ministre de l’Intérieur, Brahim Merad, du ministre de la Santé, Abdelhak Saihi et de la ministre de la Solidarité Nationale Kaoutar Krikou, en plus de la présidente du Croissant rouge algérien (CRA) Ibitissem Hamlaoui, s’est rendu à Tripoli.

La délégation ministérielle algérienne a informé les autorités libyennes du “lancement des opérations d’acheminement des aides humanitaires vers la Libye, via le pont aérien décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour venir en aide aux victimes des inondations meurtrières qui ont frappé l’Est libyen.

Les ministres algériens a transmis, à cette occasion, “les condoléances du président de la République, du gouvernement et du peuple algérien à son frère libyen’’, suite à cette tragédie, précise un communiqué du ministère de l’intérieur, réaffirmant, “la solidarité inconditionnelle de l’Algérie avec la Libye, ainsi que sa disposition à le soutenir, en vue de surmonter les séquelles des inondations, à travers l’envoi des aides nécessaires.

Les secouristes gardent toujours espoir !

“On a toujours l’espoir de trouver des gens vivants” ont déclaré vendredi des responsables des opérations d’aide en Libye où des inondations catastrophiques ont fait des milliers de morts le week-end dernier.

Qu’est-ce que le “medicane”, ce cyclone de type méditerranéen qui a ravagé la Libye ?

 

Un “medicane”,  contraction de “méditerranéen” et “hurricane” (“ouragan” en anglais), est un cyclone subtropical très violent. « C’est la rencontre entre une masse d’air fraîche en altitude et une autre plus chaude qui vient de la mer Méditerranée » explique les climatologues.

Dans le cas de la Libye, la tempête Daniel s’est retrouvée à stagner au-dessus de la mer Méditerranée, dont la température de l’eau est anormalement élevée, de “3 à 4°C au-dessus de la moyenne (24-25°C).

Si ce type de cyclone n’est pas nouveau, le réchauffement climatique influe sur sa violence. “Il augmente leur intensité. Pour la Libye, c’est la température de la mer Méditerranée, dont l’augmentation est liée au changement climatique, qui a déclenché ces orages”, explique les spécialistes. “Nous pensons que le changement climatique augmente l’intensité des ‘medicanes’ les plus puissants et nous sommes convaincus qu’il augmente les précipitations associées à de telles tempêtes’’, ajoutent-ils.

En raison du réchauffement climatique, ces phénomènes “concerneront des zones qui n’ont pas l’habitude de recevoir autant de précipitations et qui n’auront pas forcément les moyens de s’en remettre”, préviennent les météorologues.

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