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ALGÉRIE/POLITIQUE : Application de l’article 102  de la Constitution

Par AD BOUARISSA-- 28-Mar-2019 39

ALGÉRIE/POLITIQUE : Application de l’article 102  de la Constitution

‘’TOP  TARD ET TROP PEU’’

 

En fonctions depuis près de 15 ans, le général Ahmed Gaïd Salah doit à Abdelaziz Bouteflika d’être aujourd’hui un des hommes les plus puissants d’Algérie.

Comme le reste du camp présidentiel, il a d’abord soutenu la candidature de M. Bouteflika à un 5e mandat et ses propositions pour tenter d’apaiser la contestation. Mais son soutien se faisait récemment moins appuyé

Gaïd Salah faisait face à une contestation qui ne faiblit pas, un entêtement du clan présidentiel, un chef de l’Etat dont le mandat expire dans un mois et les craintes au sein de l’armée que les manifestations dégénèrent. « Il a considéré que son alliance avec le président de la République n’était plus viable » et l’a « sacrifié pour préserver le régime », estime l’universitaire algérienne.

En intervenant, le général Gaïd Salah « agit au nom de tous les corps militaires » et sa décision montre « un consensus » au sein de l’appareil militaire et sécuritaire, estiment les spécialistes.

RÉACTIONS DE LA RUE :

– L’application de l’article 102 de la Constitution pour déclarer l’état d’empêchement de Bouteflika pour raison médicale, telle que préconisée lundi, par le chef d’état-major Ahmed Gaid Salah, n’est pas encore acquise et plusieurs incertitudes l’entourent. Il est trop tard et trop peu. Son application simple va seulement faire durer le système, estime Mokhtar, un universitaire qui ajoute que ce vendredi, va sortir pour dire que c’est le peuple qui impose.

– Ces annonces politiques n’ont rien changé pour lui. Akli, 20 ans, étudiant, se mobilise tous les jours sur son campus et dans son quartier au centre ville. Ce vendredi 29 mars, il sera dans les rues de la capitale. Ce qui le motive, c’est l’espoir que quelque chose change. «Au début, j’étais réticent, parce que c’était un appel anonyme. Mais après avoir vu les « live » postés sur Facebook, et qu’il y avait autant de monde de toute couleur, de toute génération aussi, on se dit pourquoi pas, explique-t-il. Tout le monde rêvait de ce changement. On se dit pourquoi pas maintenant. »

– Souad, 27 ans, employée dans une administration, n’a jamais voté. Pourtant, elle estime désormais qu’il faut s’investir dans la politique et donner son avis. « Aujourd’hui, je peux aller dans la rue et crier ce que je pense, souligne-t-elle. Il y a une crise financière, il y a une crise sociale, il y a une crise de l’enseignement, de la santé et de l’éducation. Il faut y répondre. Rester muet toujours chez soi et attendre que ça se fasse, c’est du suicide. Et là, ce qui est magnifique, c’est que tout le monde a pris conscience de ce changement qui va venir de toute façon. Donc, autant prendre les choses en main dès le début. »

– Faute de logement, de travail et d’aucune source de revenu, à 28 ans, Mounir s’entasse avec une vingtaine de  personnes de sa famille dans un trois-pièces d’une cité populaire d’Alger. Ce vendredi, comme la semaine passée, il défilera avec ses amis du quartier contre le « système », « l’injustice » et ‘’les manœuvre du pouvoir’’.

Leur temps libre, Mounir et ses amis le passent sur les réseaux sociaux, où les appels à manifester se sont multipliés depuis l’annonce début février de la candidature à un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika lors de la présidentielle du 18 avril.

Comme des dizaines de milliers d’autres Algériens à travers le pays, ses amis et lui sont descendus dans la rue depuis le 22 février. Des manifestations massives, dirigées directement contre le président -du jamais vu depuis qu’il a été élu il y a 20 ans- qui ont surpris et marqué les esprits.

Ce vendredi, acte 6, ils défileront de nouveau pour dire « leur refus du système » dans son ensemble.

– L’avenir n’existe pas en Algérie », assure Mohamed, un jeune avocat sans poste. Sauf « si le système en entier dégage alors j’aurais un peu d’espoir et je pourrais rester’’ pour le moment, je suis présent pour faire un changement mais si on ne réussit pas le compte fuir ce pays (El Harga).

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