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HYDROCARBURES DE SCHISTE EN ALGERIE Lancer dès 2019 les premiers forages de gaz de schiste

Par AMINE BENSEFIA -- 03-Oct-2018 163

Sonatrach pourra, dès 2019, après publication de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, annoncer la couleur avec les premières offres à destination des majors.

Lancer dès 2019 les premiers forages de gaz de schiste et les premières plateformes en offshore : le patron de Sonatrach vient ainsi lever une partie du voile sur la stratégie de son groupe à même de pouvoir renouveler les réserves en hydrocarbures. Dans une interview accordée la semaine dernière à Bloomberg, Abdelmoumen Ould Kaddour a indiqué que “durant 2019, nous allons lancer les premiers forages en offshore et d’autres en gaz de schiste”. “Nous sommes d’ailleurs en train d’explorer à l’est de l’Algérie, à Skikda, et à l’Ouest, au large de Mostaganem”, a-t-il précisé.
Il a, néanmoins, tempéré ses ardeurs sur l’exploitation du gaz de schiste, lors d’une cérémonie dédiée à la présentation du rapport de l’Opep sur les perspectives mondiales du marché pétrolier, soulignant que “le gaz de schiste est un processus très long. Il y a une phase d’étude qui est lancée et à partir de cette phase, il va y avoir des essais au niveau du centre d’innovation”.
Il s’agit, selon lui, d’un travail qui demande 3 à 5 années, ajoutant que l’idéal est de le faire avec un partenaire qui a les compétences et la technologie dans l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels.
Abdelmoumen Ould Kaddour joue désormais en terrain conquis, puisque l’option du schiste est officiellement assumée par le président Bouteflika, voire défendue à cor et à cri par le gouvernement Ouyahia. Trois années après les évènements d’In Salah, qui se sont soldés par une mise en veille des forages expérimentaux de gaz de schiste, le président Bouteflika revient sur les décisions de janvier 2015 et remet l’option du schiste sur le devant de la scène.
En juin 2017, lors d’un Conseil des ministres, il avait ouvertement plaidé en faveur des hydrocarbures de schiste, invitant le gouvernement à “valoriser davantage toutes les ressources et richesses dont dispose le pays, y compris les hydrocarbures fossiles conventionnels et non conventionnels ainsi que les énergies renouvelables”. Le gouvernement Ouyahia a repris à son compte le plaidoyer de Bouteflika en faveur du schiste, un choix souligné au crayon feutre dans son plan d’action présenté en septembre 2017. “Le gouvernement encouragera les prospections destinées à mieux connaître le potentiel national en hydrocarbures schisteux. C’est là un impératif pour préserver à moyen et long termes, l’indépendance du pays en hydrocarbures”, lit-on dans le discours de politique générale prononcé par Ahmed Ouyahia à l’Assemblée. Pour ainsi dire, le patron de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, avance sur un chemin complètement déminé, en attendant les textes de la nouvelle loi sur les hydrocarbures qui, selon des indiscrétions, viendront prendre en charge les aspects réglementaires liés au schiste et à l’offshore.
Un pas de plus, mais non des moindres au bénéfice de l’option du schiste qui, de l’avis de nombre de spécialistes, serait inévitable au vu de la situation actuelle du potentiel conventionnel résiduel. Les délais d’exploitation des hydrocarbures schisteux ne peuvent être inférieurs à cinq années, selon les spécialistes qui mettent en avant le coût de l’investissement qui serait très élevé, la mobilisation d’importants moyens logistiques et technologiques…etc. Certes, l’énergéticien public ne dispose pas de toute la technologie en matière d’exploitation des hydrocarbures schisteux mais il affiche de claires ambitions vers les partenariats. C’est une option inévitable. Il pourra, dès 2019, après publication de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, annoncer la couleur avec les premières offres à destination des majors.
Certaines seraient déjà dans les starting-blocks, à en croire les responsables de la compagnie publique des hydrocarbures. Ces derniers n’ont pas dit précisément les raisons de ce nouveau cap pour les hydrocarbures non conventionnels, étant donné que les choix relèvent plutôt de la responsabilité du gouvernement, mais la tendance baissière que connaissent à la fois les réserves en hydrocarbures conventionnels et la production primaire, la croissance effrénée de la consommation interne ainsi que la contraction des volumes à l’exportation ont plaidé en faveur de l’option du schiste. Il est évidemment encore beaucoup trop tôt de parler de son exploitation.
Elle ne peut être qu’à moyen terme, soit vers 2025, et les délais nécessitant le passage à la phase d’exploitation ne peuvent être inférieurs à cinq ans.

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