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Le Centre culturel algérien de paris : conférence de la torture pendant la guerre de libération

Par amine bensefia -- 30-Sep-2018 40

Le Centre culturel algérien de Paris a abrité durant deux jours une exposition, la projection d’un documentaire sur Henri Alleg ainsi qu’une conférence sur son livre “La Question”, durant laquelle de nombreux historiens ont débattu autour de la torture subie par les Algériens pendant la guerre de libération.

Le Centre culturel algérien de Paris (CCA) a abrité mardi et jeudi derniers une séance de projection du film Henri Alleg, l’homme de la Question et une conférence autour du thème de la torture. À cette occasion, la galerie du CCA a accueilli une exposition de peintures en hommage à Henri Alleg, militant anticolonialiste arrêté et torturé par les parachutistes en 1957 lors de la Bataille d’Alger. Le documentaire de 52 minutes, réalisé par Christophe Kantcheff en 2008, commence dans le décor d’une cellule de prison où le comédien Carlo Brandt récite quelques pages du livre d’Alleg, La Question. Dans cet ouvrage, Henri Alleg affirme que les éditeurs français de l’époque avaient refusé de le publier par peur des représailles des autorités.
Quand les éditions de Minuit le sortent en 1958, il est immédiatement interdit. Nils Anderson le rééditera en Suisse. Le livre qui se veut un “témoignage” décrit avec “une précision glaçante” les séances de torture subies par l’auteur et les procédés utilisés lors du supplice. L’écrivain accuse nommément des officiers parachutistes français de l’avoir torturé après son arrestation le 12 juin 1957, le lendemain de celle de son ami Maurice Audin. Le témoignage et le combat d’Henri Alleg et d’autres intellectuels pour dénoncer et faire reconnaître la pratique de la torture en Algérie durant la guerre d’indépendance ont fini par aboutir. Le 13 septembre dernier, le président Emmanuel Macron a reconnu que Maurice Audin “était mort sous la torture du fait de son système institué alors en Algérie par la France”. Par ailleurs, la conférence sur le thème de “La Question”, organisée par l’association Art et Mémoire au Maghreb, a vu la participation d’historiens qui ont évoqué la dénonciation de la torture. Parmi eux, Nils Anderson, éditeur suisse de La Question, militant anticolonialiste qui a reçu la médaille Achir de l’Ordre du mérite national en 2013 en reconnaissance de son soutien à la révolution algérienne ; Gilles Manceron, historien de la colonisation ; Alain Ruscio, historien et journaliste communiste anticolonialiste ; ainsi qu’Anissa Bouayed, historienne et commissaire de l’exposition “Algérie pour mémoire. Témoignages autour de La Question, 1958-2018”. Tous ont voulu rappeler le combat d’Henri Alleg pour dénoncer la torture afin que cette pratique immonde disparaisse de la surface de la Terre.
Né en 1921 à Londres, Alleg s’est installé dès 1939 en Algérie et est devenu directeur du journal Alger Républicain en 1951. Membre du PCA et militant anticolonialiste comme son ami Maurice Audin et bien d’autres, il est arrêté en juin 1957 et torturé par les parachutistes. C’est ce qu’il décrit dans son livre La Question, qui va connaître, malgré son interdiction par le gouvernement français de l’époque, une diffusion massive et une traduction dans plusieurs langues, ce qui va alerter l’opinion mondiale sur la torture durant la guerre de l’indépendance algérienne. Condamné en 1960 à 10 ans de prison pour “atteinte à la sécurité extérieure de l’État”, il s’évadera d’un hôpital français pour se réfugier en Tchécoslovaquie. Après les accords d’Évian, il revient en France puis se rend en Algérie pour participer à la relance d’Alger Républicain. Il rentre en France en 1965 et travaille comme journaliste à l’Humanité. Henri Alleg est décédé le 29 juillet 2013, à l’âge de 92 ans. Des représentants des États algérien et français ont rendu hommage à celui qui a consacré sa vie à la défense des droits de l’homme.

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